La cour d’appel de Kénitra a clos un douloureux chapitre de l’affaire d’empoisonnement collectif qui a ébranlé la commune de Sidi Allal Tazi, en juin 2024, faisant 18 victimes après l’ingestion d’alcool frelaté. Neuf accusés ont écopé de peines exemplaires, allant de 8 mois à 12 ans de prison ferme, cumulant un total impressionnant de 43 ans et 8 mois de détention.
Le principal responsable de cette tragédie a été frappé par la plus lourde sentence : 12 années derrière les barreaux. Son complice direct lui emboîte le pas avec une condamnation à 10 ans, tandis que les autres prévenus ont été jugés avec une sévérité proportionnelle à leur implication, leurs peines variant entre 6 et 8 ans. Seul un accusé, dont le rôle fut marginal, a vu sa peine limitée à 8 mois.
L’enquête menée par la gendarmerie royale a révélé une effroyable réalité : les victimes avaient consommé lors d’une fête un alcool artisanal contenant du méthanol, une substance hautement toxique. Ce breuvage mortel, sourcé auprès de commerces illégaux, a provoqué des intoxications aiguës, emportant 18 vies et laissant d’autres survivants marqués à jamais.
Face à l’horreur des faits, le parquet avait requis des poursuites pour « fourniture de substances nocives entraînant la mort et des infirmités permanentes ». La cour, sensible à la gravité du drame, a ainsi répondu par un verdict sans appel, envoyant un message clair : la justice marocaine ne transigera pas avec les empoisonneurs.
Ce jugement, aussi rigoureux soit-il, ne pourra effacer la douleur des familles endeuillées. Mais il sonne comme un avertissement sévère contre ceux qui jouent avec la vie des autres au mépris de toute moralité.
Hicham TOUATI




