À deux jours de la Fête de l’Unité, le drapeau national n’avait toujours pas retrouvé sa place, jeudi 29 octobre 2026 à 10 h 57, au-dessus du bâtiment d’une université privée de Fès. La photographie prise à cette heure précise en atteste : après le retrait du drapeau fortement dégradé qui surmontait auparavant l’établissement, aucun nouveau drapeau marocain n’était visible au même emplacement. Dans le même temps, Fès se parait de rouge et de vert : drapeaux dans les rues et sur les ronds-points, devant des établissements scolaires et au sein de plusieurs institutions universitaires.
Le retrait de l’ancien drapeau avait pourtant été accueilli comme une réaction positive. Son état de dégradation avait été signalé plusieurs mois auparavant par une publication nationale, et son enlèvement pouvait raisonnablement laisser penser qu’un remplacement suivrait. La première étape a donc bien eu lieu ; la seconde se fait toujours attendre. Pourquoi aucun nouveau drapeau n’a-t-il encore été hissé ? Un remplacement est-il prévu ? Un contretemps administratif ou matériel l’a-t-il retardé ? À ce jour, les raisons de cette absence ne sont pas connues.
Le contraste est d’autant plus perceptible que les préparatifs du 31 octobre sont visibles dans la ville. Les photographies prises ces derniers jours montrent des drapeaux marocains sur plusieurs axes et ronds-points, y compris dans les environs de l’établissement concerné. La bannière nationale est également présente sur des établissements scolaires. Elle flotte au-dessus du siège de l’Académie régionale de l’éducation et de la formation de Fès-Meknès, sur le bâtiment de la présidence de l’Université Sidi Mohamed Ben Abdellah, ainsi qu’à l’entrée de l’Université Euromed de Fès. Il ne s’agit nullement d’établir un classement du patriotisme, mais de constater qu’entretenir un drapeau et le remplacer lorsqu’il est détérioré relèvent d’une pratique ordinaire dans les institutions éducatives et universitaires.
Le calendrier donne à cette absence une portée particulière. Le 31 octobre a été institué « Fête de l’Unité », fête nationale dont la dénomination renvoie officiellement à l’unité nationale et à l’intégrité territoriale du Royaume. Dans ces conditions, le fait qu’une institution d’enseignement supérieur demeure sans drapeau à l’endroit même où celui-ci était auparavant hissé ne peut passer totalement inaperçu. L’observation n’autorise cependant ni procès d’intention ni mise en cause du patriotisme de ses responsables : une photographie établit une absence à un moment précis, elle n’en révèle ni les motifs ni les intentions.
La question mérite néanmoins d’être posée, car le drapeau national ne relève pas d’un simple choix décoratif. Le quatrième article de la Constitution définit expressément le drapeau du Royaume comme le « drapeau rouge frappé en son centre d’une étoile verte à cinq branches ». Dans une université, l’attention portée à un tel symbole prend aussi une dimension éducative. Les établissements d’enseignement supérieur forment des professionnels et des cadres, mais transmettent également, à travers leurs pratiques quotidiennes, une exigence de responsabilité institutionnelle, de civisme et de respect du bien commun.
C’est à ce stade que l’interpellation des autorités territoriales prend tout son sens. Monsieur le wali de la région Fès-Meknès, les services compétents ont-ils connaissance de cette situation ? Une vérification ou une intervention permettant de rappeler l’attention due au drapeau national ne serait-elle pas opportune à quarante-huit heures de la Fête de l’Unité ? Il ne s’agit pas de faire de la wilaya le gestionnaire d’une université privée, mais de savoir si une situation aussi simple à corriger doit se prolonger alors que les rues voisines, les établissements scolaires et les institutions universitaires se préparent à la célébration nationale.
L’université concernée reste naturellement en droit d’expliquer les raisons de ce délai, et toute précision de sa part mérite d’être portée à la connaissance des lecteurs. La réponse la plus convaincante serait toutefois d’une grande simplicité : voir à nouveau flotter, au-dessus de cette institution d’enseignement supérieur, un drapeau marocain en bon état. Le retrait d’une bannière détériorée avait constitué une première réponse ; son remplacement en constituerait l’achèvement naturel.




