Ce jeudi 20 mars 2025, le tribunal de première instance de Fès a été le théâtre du lancement d’un procès retentissant impliquant huit individus appartenant à un réseau criminel, accusé de délits graves portant atteinte à la sécurité numérique des particuliers et des institutions. Les prévenus, dont les agissements ont ébranlé la confiance dans les systèmes d’information, font face à des accusations lourdes, notamment de piratage informatique, d’usurpation d’identité, de chantage et d’escroquerie. Leur cible principale : des candidats au voyage désireux d’obtenir des visas pour l’Europe.
Les investigations ont révélé que les membres de ce réseau, profitant de leur expertise en programmation, ont infiltré le système informatique utilisé pour la réservation des rendez-vous de dépôt de dossiers de visa. Ce système, géré par une entreprise privée agissant comme intermédiaire entre les consulats européens et les demandeurs, a été manipulé à des fins criminelles. Pire encore, les accusés ont réussi à pirater la base de données d’une compagnie d’assurance, s’emparant des informations personnelles de clients pour s’approprier frauduleusement des créneaux de rendez-vous, qu’ils ont ensuite revendus à des victimes à des prix exorbitants.
Dans une démonstration de leur ingéniosité malfaisante, les criminels ont également exploité des intermédiaires opérant à proximité d’un consulat à Fès, contraignant les victimes à payer des sommes importantes en échange de ces précieux rendez-vous. Grâce à une collaboration étroite entre les services de sécurité et la Direction générale de la surveillance du territoire, les autorités ont pu identifier 29 victimes de ces agissements et recueillir leurs témoignages dans des procès-verbaux officiels. Ce procès, qui met en lumière les dangers croissants de la cybercriminalité, marque une étape cruciale dans la lutte pour la protection des données et la sécurité des citoyens.
Hicham TOUATI




