Le ciel de Fès, habituellement serein en cette douce soirée printanière, a été le théâtre d’un événement aussi soudain qu’inquiétant. Un jet privé, effectuant une liaison entre Marrakech et la capitale spirituelle du Royaume, s’est abîmé aux abords de l’aéroport Fès-Saïss ce vendredi 11 avril, semant l’émoi parmi les habitants et relançant de lancinantes questions sur la sécurité aérienne des vols non commerciaux.
Selon nos sources concordantes, l’appareil, dépourvu de passagers, ne transportait que trois membres d’équipage — tous pilotes — dont l’état de santé, bien que “stable” reste entouré d’incertitudes. Rapidement pris en charge par les services médicaux du CHU Hassan II de Fès, les aviateurs bénéficient désormais d’une surveillance accrue, tandis que les boîtes noires de l’appareil ont été saisies par les enquêteurs. Miracle dans le drame : aucune victime civile n’est à déplorer, malgré la proximité immédiate de zones résidentielles. Un détail qui n’apaise pourtant pas les esprits, tant les causes de l’accident demeurent obscures.
Si les investigations techniques en sont à leurs prémices, plusieurs pistes — plus spéculatives que confirmées — émergent déjà dans les milieux aéronautiques. Une défaillance mécanique, liée à l’âge de l’appareil ou à une maintenance négligée, pourrait expliquer une perte soudaine de contrôle. Les jets privés, soumis à des réglementations parfois moins drastiques que les avions de ligne, sont-ils suffisamment monitorés ? L’expérience des pilotes, leur fatigue accumulée ou une erreur de jugement dans l’approche — Fès-Saïss étant réputé pour ses reliefs environnants trompeurs — pourraient également avoir joué un rôle. La présence de trois commandants à bord interroge : s’agissait-il d’un vol d’entraînement ? Par ailleurs, bien que le temps fût clément ce vendredi, les microphénomènes tels que les cisaillements de vent ou les turbulences sèches ne sont pas à exclure, surtout à basse altitude lors de la phase critique d’atterrissage. Enfin, une panne de carburant, due à une fuite ou à une erreur de calcul des réserves, pourrait également figurer parmi les causes possibles, les vols privés étant souvent soumis à des plans de vol flexibles.
En attendant la vérité, une certitude s’impose : ce crash, bien que “mineur” par son bilan humain, doit servir d’électrochoc pour renforcer la sécurité des vols privés au Maroc. Car dans les airs, comme ailleurs, la chance ne fait pas toujours office de stratégie.
Hicham TOUATI




