Le bras de fer entre le PI et le RNI : Les dessous d’un limogeage qui met le gouvernement en tension

ابراهيم
2025-03-25T13:17:53+03:00
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ابراهيم25 مارس 2025آخر تحديث : منذ سنة واحدة
Le bras de fer entre le PI et le RNI : Les dessous d’un limogeage qui met le gouvernement en tension

Le récent limogeage de Younes SHAYMI, secrétaire général du ministère de l’Éducation nationale, par le ministre Saad Berrada, n’a pas tardé à enflammer les rangs du Parti de l’Istiqlal (PI). Cette décision, qui semble avoir été prise dans un contexte de tension au sein de la coalition gouvernementale, soulève de nombreuses interrogations sur les véritables motifs qui ont poussé le ministre à se séparer d’un cadre du PI. Plus encore, elle relance la question des rapports de force entre les différentes formations politiques qui composent le gouvernement.

Selon des sources proches du PI, la direction du parti envisagerait une riposte politique face à ce geste perçu comme une humiliation infligée par le Rassemblement National des Indépendants (RNI), partenaire au sein de la coalition dirigée par le chef du gouvernement Aziz AKHANNOUCH. Les critiques au sein du PI sont vives, certains appelant à des mesures de réciprocité, comme l’éviction de certains directeurs centraux travaillant sous la tutelle des ministres du parti. Cette situation illustre la fragilité des alliances gouvernementales et la compétition féroce qui anime les différentes factions, en particulier à l’approche des élections législatives de 2026.

Youness SHAYMI, un cadre respecté du PI, a été nommé secrétaire général du ministère de l’Éducation en avril 2023, après une recommandation de l’ex-ministre Chkib BENMOUSSA. Il n’était pourtant pas l’unique candidat pour ce poste. Ancien directeur de cabinet de Nizar BARAKA, l’actuel secrétaire général du PI, SHAYMI a vu sa carrière prendre un tournant brutal après ce limogeage. Cette décision semble être la culmination d’un différend interne concernant la gestion de projets sensibles, tel que le programme “Écoles pionnières”, dont la mise en œuvre aurait fait l’objet de tensions entre le ministre et son secrétaire général.

Les observateurs s’interrogent désormais sur la nature réelle de ce conflit. Est-ce un simple différend administratif ou la manifestation d’un affrontement plus profond entre les ministres du PI et ceux du RNI ? En effet, ces derniers mois, les relations au sein de la coalition gouvernementale ont été marquées par des divergences de plus en plus apparentes. Le récent incident, où le chef du gouvernement ALHANNOUCH a exprimé son mécontentement envers les déclarations de Nizar BARAKA concernant la hausse des prix des produits de première nécessité, est un autre exemple de cette dynamique complexe. La tension était palpable, et bien que des rumeurs aient circulé sur un éventuel dérapage dans la relation entre les membres du gouvernement, la situation semble avoir atteint un nouveau paroxysme avec ce limogeage.

Face à ce climat tendu, la question de la réaction de Nizar BARAKA devient cruciale. Le leader du PI se trouve désormais face à un dilemme : comment répondre à ce qui peut être perçu comme une gifle politique infligée à son parti, tout en préservant l’unité au sein de la coalition gouvernementale ? BARAKA, qui a toujours su naviguer habilement dans les eaux troubles de la politique marocaine, devra probablement choisir entre une réponse modérée, qui privilégierait le dialogue au sein du gouvernement, ou une riposte plus ferme, qui pourrait exacerber les tensions déjà existantes.

Ce limogeage met en lumière une réalité incontournable : la politique marocaine est de plus en plus marquée par des rivalités internes au sein même des coalitions gouvernementales. L’objectif à moyen terme est clair : chaque partie se positionne en vue des élections de 2026, avec la volonté d’asseoir sa domination politique, notamment dans le cadre de ce que certains appellent déjà la “Gouvernance du Mondial”. Toutefois, ce jeu de pouvoir pourrait se retourner contre ceux qui sous-estiment l’impact de telles décisions sur l’harmonie au sein du gouvernement. Il est fort à parier que la prochaine étape de ce bras de fer entre le PI et le RNI sera déterminante pour l’avenir de cette coalition, déjà ébranlée par les tensions internes.

Dans ce contexte, le gouvernement pourrait se retrouver à un tournant où, au lieu de se concentrer sur la gestion des affaires publiques, il sera contraint de gérer une crise politique interne de plus en plus complexe. La riposte du PI pourrait être rapide et aiguisée, mais tout reste à savoir : quel sera le prix de cette guerre de position ? Et surtout, à quel point les citoyens, fatigués par ces querelles internes, en viendront-ils à douter de la capacité de leurs dirigeants à gouverner efficacement ? La réponse, dans les mois à venir, pourrait bien redéfinir le paysage politique marocain.

Hicham TOUATI

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